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La disperazione porta alla rivolta

In Da altri media on 15/06/2013 at 08:30

Nell’intervista per Liberation che proponiamo di seguito, Bernadette Segol, segretaria generale della confederazione europea dei sindacati, parla delle disastrose conseguenze che la crisi economica ha sulla disoccupazione giovanile in tutta Europa, ma soprattutto nei PIGS. Non usa giri di parole, la Segol: lasciati senza speranza, ai giovani rimane solo la rivolta. Un monito duro che ha un preciso significato proprio nel momento in cui, dagli Indignados e OccupyGezi, tutta l’Europa e tutto il bacino del Mediterraneo riscoprono la forza della piazza e il conflitto sociale. E che dovrebbe farci riflettere, mentre continuiamo a proporre politiche di sfruttamento, di riduzione dei diritti, di liberalizzazione del mercato del lavoro e di aumento della precarietà proprio quando, invece, ci sarebbe bisogno di distribuire in maniera più giusta e saggia i frutti del lavoro.

FACE AU CHOMAGE, LES JEUNES N’ONT QU’UNE PERSPECTIVE: LA REVOLTE

di Christian Bossom

da Liberation

«Le chômage des jeunes représente un risque systémique», a assuré la chancelière allemande Angela Merkel. Après l’annonce, fin mai,  d’un «new deal» face à cette urgence, les ministres du travail allemand, français, italien et espagnol se retrouvent vendredi à Rome.  Objectif: «Echanger des opinions et créer une coordination» entre les quatre premières économies de la zone euro sur l’emploi des jeunes actifs, avant le conseil européen des 27 et 28 juin à Bruxelles. Et le déblocage -timide- de 6 milliards d’euros pour lutter contre un mal qui touche 23,5% des jeunes sur le continent. Entretien avec Bernardette Ségol, secrétaire général de La confédération européenne des syndicats.

Le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans n’a jamais été aussi élevé en Europe. Il culmine, selon les derniers chiffres d’avril 2013, à 23,5% dans l’Union européenne et atteint des taux record en Grèce (62,5% en février 2013), en Espagne (56,4%), au  Portugal (42,5%) et en  Italie (40,5%)…

C’est un drame. Quand on voit le manque de perspective des jeunes, dépendant de leur parents ou grand parents, ils n’ont qu’une perspective: la révolte. Cet état de desespoir viscéral est très visible en Espagne ou en Grèce, où le chômage atteint les 60%. Le danger, c’est la montée du populisme, du nationalisme, le rejet de l’idée européenne qui va se concrétiser lors des prochaines élections continentales. Bien sûr, les plus de 55 ans sont aussi affectées, mais l’urgence, pour nous, c’est avant tout notre avenir, donc les jeunes laissés sur le côté.

Comment une telle situation peut-elle durer sans conduire à l’explosion?

Pour pouvoir survivre, une économie grise, parallèle, se développe. Mais elle est mauvaise pour l’Etat et ses finances publiques. Mauvaise pour l’avenir de l’Europe. Le rêve d’indépendance financière, de logement, de la jeunesse européenne ne peut passer que par des revenus stables, donc des emplois.

La perte économique liés aux jeunes ne suivant pas d’études ou de formation s’élève à 153 milliards d’euros… En réponse, l’Europe s’apprête à mettre au maximum 6 milliards pour sortir de l’impasse.

C’est ce que nous essayons de dire: qu’il faut massivement investir. On tente de convaincre des gouvernements peu sensibles à cet argument. Pour l’instant, leur seule réponse, c’est de flexibiliser les contrats de travail. Or, jusqu’à présent, elle n’a rien modifié. En Espagne, cela évolue entre 13 et 30% selon les régions, malgré des législations qui ont dérégularisé le marché du travail. C’est une leurre. Par ailleurs, 40% des emplois pour les jeunes étaient des jobs intérimaires en 2011, quatre fois que les travailleurs âgés de 25 à 59 ans…

Que préconisez-vous?

Il faut, déjà, stopper les politiques macroéconomiques axées sur l’austérité qui n’ont fait qu’alimenter les chiffres du chômage. Ensuite, il faut des initiatives concrètes pour intégrer les jeunes. La «garantie jeune» doit pouvoir offrir, après 4 mois d’inactivité, un emploi ou une formation aux NEET («Not in Education, Employment or Training»), ces jeunes jusqu’à 29 ans «sans emploi, ne suivant pas d’études ou de formation». Trois milliards d’euros doivent être prévus pour cette garantie jeunes, sur les six milliards en tout alloués dans le prochain Cadre financier pluriannuel. mais c’est une goutte d’eau, rien du tout, même si c’est un début. En tout chaque jeune européen privé d’emploi aurait droit à 166 euros: c’est dérisoire. Parlons sérieusement. Si on veut investir pour l’avenir des jeunes, il faut y consacrer davantage d’argent. Et que les gouvernement puissent sanctuariser cet investissement sans que ces sommes ne soit décomptées dans les dépenses publiques pour ne pas déséquilibrer davantage les comptes.

Que pensez-vous des débuts timides des emplois d’avenir lancés par la France, et qui visent à créer 100000 jobs?

Cela va dans le bon sens, même si cela reste timide par rapport aux besoins. C’est pour cela qu’il faut davantage de coordination à l’échelon européen. Par ailleurs, il y a chez certains leaders politiques, notamment en Europe centrale et de l’est, une acceptation du chômage. Certains pensent qu’il est le prix à payer pour les réformes structurelles à mettre en place. Et qu’il faut en passer par là pour que l’économie reparte. Qu’importe si c’est au prix d’une société encore plus dure et plus injuste.

Vous avez entrepris de rencontrer tous les chefs d’Etat européens, mais votre message ne porte pas?

On a du mal à ce que l’Europe, majoritairement conservatrice, accepte de changer de politique. Il y a certes quelques inflexions dans quelques gouvernements, notamment ceux qui ont compris que la seule austérité est socialement intenable. Et qu’elle politiquement nuisible à leur propre avenir…

Le chômage, à commencer par celui des jeunes, accentue aussi le fossé entre les citoyens et les élites au pouvoir?

Oui, et pourtant, depuis 5 ans, toutes les politiques libérales à l’œuvre n’ont conduit qu’à l’impasse. La commission européenne continue pourtant de faire la promotion de la «flexibilité» du marché du travail, d’encourager le recul des services publics, de faire l’apologie de la libéralisation de secteurs entiers de l’économie.

Comment expliquez-vous le retour en force de l’orthodoxie économique?

Je ne me l’explique pas. Il y a 5 ans, José Manuel Barroso parlait de refonder le capitalisme. Aujourd’hui, il applique avec rigueur un capitalisme sauvage basée sur une économie casino qui ne profite qu’à une poignée d’élus et frappe les plus modestes. Il n’y a quà voir les recommandations formulées fin mai pour les Etats. Un catalogue de mesures libérales articulées autour de l’idée que les Etats vont devoir courber le dos et les appliquer d’urgence: c’est insupportable. La Commission est malheureusement habitée par des commissaires et des hauts fonctionnaires qui sont persuadés qu’il faut détruire un modèle de développement pour sortir de la crise. La réalité, c’est qu’on a une Union européenne qui manque de vision et de leadership. Une union européenne qui ne veut pas sacrifier sa jeunesse, mais qui est obnubilée par sa politique d’austérité.

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